Les Ombres d’Adelaide Hills inclut des scènes situées aussi bien en Angleterre qu’en Australie et évoque différentes époques de ces deux pays. Cela suppose-t-il des recherches spécifiques, surtout lorsque l’action se déroule dans le passé ?
L’un des plaisirs d’écrire ce livre fut de le situer dans les lieux où je me sens chez moi. Mais le cadre historique exigeait des recherches plus traditionnelles : comme je voulais que Tambilla et ses habitants sonnent vrais, j’ai passé beaucoup de temps à me documenter personnellement et par mes lectures sur les premiers colons luthériens d’Australie-Méridionale et sur la fondation de différentes villes de cet État. J’ai également étudié les crimes non résolus du milieu du xxe siècle, dont celui de l’Homme de Somerton, grâce à tous les articles d’époque que j’ai pu trouver. Ce processus m’a beaucoup aidée pour comprendre les procédures policières d’autrefois, mais aussi afin de m’approprier un langage et des modes de narration utiles pour le texte de Daniel Miller.
Le roman n’est pas seulement une fiction historique, il a aussi un élément policier. Comment avez-vous créé un thriller aussi palpitant parmi tous les détails historiques ? Des livres ou des films vous ont-ils inspirée ?
J’aime écrire des romans où une narration forte s’accompagne d’une exploration des personnages et des lieux. Dans la fiction australienne, il y a une tradition autour de l’enfant perdu : au xixe siècle, c’était une manière d’explorer les inquiétudes coloniales éveillées par un paysage mal connu et sans pitié. Ces histoires ont un côté étrange, le sentiment qu’un danger caché est tapi « là- bas », au-delà de ce que l’on peut voir ; j’ai tenté de refléter cette atmosphère dans mon prologue. Plus généralement, les personnages du roman renvoient à de nombreux livres et traditions narratives : le folklore et la poésie du bush qui fascinent Thomas Turner, les classiques de la littérature anglaise que chérit Percy, et que Jess aime aussi, bien des années plus tard. Tous ces livres nous donnent l’impression d’être « chez nous » dans des époques et des lieux éloignés, en suscitant dans l’esprit du lecteur des paysages imaginaires.
Votre façon d’écrire a-t-elle changé pendant la pandémie ?
Comme tout le monde, je suppose, j’ai dû lutter contre quantité d’autres préoccupations. Rester concentrée est toujours difficile, mais dans une période de bouleversement et d’incertitude, quand il y avait tant de choses à absorber et à comprendre, c’était plus que jamais un défi.
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